ismail bahri





Ismaïl Bahri (photo : Camille Pradon)


"Placer une feuille de papier battue par le vent devant l’objectif de sa caméra, ralentir la chute de gouttes d’eau en les faisant glisser le long d’un fil, observer le reflet de la ville dans un verre rempli d’encre tenu à la main en marchant : Ismaïl Bahri effectue des gestes élémentaires, empiriques, et prête attention à « ce qui arrive », à ce que ces opérations lui font faire. L’artiste se positionne en observateur, il tâtonne, parle de « myopie » pour son travail. Il met ensuite en place ce qu’il nomme un « dispositif de captation » de ces gestes, utilisant le plus souvent la vidéo, mais aussi la photographie, le son, sans spécialisation. C’est bien souvent à la périphérie du regard qu’émerge du sens, dans la présence indicielle du monde environnant qui affleure, et révèle sa présence." (Francois Piron)


"Ismaïl Bahri vit et travaille à Paris. Son œuvre s’ouvre à de multiples références culturelles et esthétiques et développe des expérimentations plasticiennes précises et sensibles. Leurs résultats prennent la forme de dessins, de vidéos, de photographies, d’installations ou encore d’hybridations entre ces différents supports. Des matières simples y sont manipulées et conduites à une transformation, au moyen de gestes et procédés d’inspiration souvent mécanique liés au cinéma ou à la photographie. Ainsi, dans la vidéo Orientations (2010), l’artiste filme une déambulation urbaine dans Tunis en cadrant sa caméra sur un verre rempli d’encre noire, agissant comme une lentille et reflétant l’espace environnant. L’interrogation sur la porosité de l’art vis-à-vis du monde contemporain est générée au moyen d’un processus quasi-cinématique reposant sur les principes d’enregistrement, de mise en mouvement, d’invention simultanée d’une surface sensible et d’un écran de projection, à l’aide de moyens tout à fait dérisoires. Si la production de traces constitue un acte de révélation, le retrait, l’effacement des formes sont autant de moyens privilégiés par Ismaïl Bahri pour développer des expériences qui s’appuient sur le caractère organique et impermanent des choses. Dans un lent mouvement perpétuel, les qualités naturelles du monde ordinaire se dérobent et restent insaisissables. Les étranges rituels qu’il invente déroulent un questionnement sur les limites du visible et de la perception." (Gilles Baume)


Le travail d'Ismaïl Bahri a été montré dans divers lieux tels que La Criée Centre d'Art Contemporain (Rennes), Le Jeu de Paume (Paris), Les églises (Chelles), la Staatliche Kunsthalle (Karlsruhe), Kunst Im Tunnel (Düsseldorf), le British Film Institute (Londres), ou la Calouste Gulbenkian Foundation (Lisbonne). Ses films ont été sélectionnés dans des festivals tels que TIFF (Toronto), NYFF (New york), IFFR (Rotterdam), FID (Marseille) entre autres. Ismaïl Bahri prépare actuellement une exposition monographique qui aura lieu au Jeu de Paume en 2017.






"Impermanence lies at the heart of the work of the Franco-Tunisian artist Ismaïl Bahri. Placing a sheet of wind-tossed paper in front of his camera lens, slowing down falling water drops by making them slide along a thread, observing the reflection of the city in a glass filled with ink held in his hand as he walks along: Ismaïl Bahri makes elementary and empirical gestures, and pays attention to “what is happening”, and what effect these operations will have on him. The artist positions himself as an observer; he gropes around, and talks of “shortsightedness” in relation to his work. He then sets up what he calls a “capture device” for these gestures, usually using video, but also photography and sound, without any specialization. It is quite often outside of the frame of the image that meaning emerges, in the perceptible presence of the surrounding world, which is suddenly revealed." (François Piron)


"Ismaïl Bahri lives and works in Paris. His work incorporates many cultural and aesthetic references, developing visual experiments that are both sensitive and precise. The results of these experiments take varying forms – drawings, videos, photographs, installations, and hybrids of these forms. The basic materials used in these works are manipulated and ultimately transformed, often through mechanically inspired gestures and procedures that are related, in one way or another, to cinema or photography. In the video Orientations (2010), for example, the artist filmed a stroll through Tunis by framing a glass filled with black ink that acted as a lens by reflecting the surroundings; this questioning of art’s permeability with regards to the contemporary world is generated through a quasi-cinematic process based on principles of recording, motion, and simultaneous creation on a sensitive surface and a projection screen, while making use of laughably inadequate equipment. While the production of traces constitutes a revelatory act, Ismaïl Bahri equally privileges experiences that build on the organic and fleeting nature of things. The ordinary world’s natural qualities slip away in a slow perpetual movement, remaining elusive. From the strange rituals invented by the artist, emerges a questioning of the limits of the visible and of perception itself. (Gilles Baume)


Ismaïl Bahri’s work has been presented at La Criée (Rennes), Jeu de Paume (Paris), Les églises (Chelles), Staatliche Kunsthalle (Karlsruhe), Kunst Im Tunnel (Düsseldorf), the Calouste Gulbenkian Foundation (Lisbon), among others. His films have been selected at international film festivals such as TIFF (Toronto), NYFF (New york), IFFR (Rotterdam), FID (Marseille). Ismaïl Bahri is currently preparing an exhibition at the Jeu de Paume (Paris) in 2017.